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Crise : les 3 erreurs à éviter qui sabotent votre futur

Alors que nous combattons encore la dissémination du virus, il est impossible de ne pas déjà songer à la suite : à quoi va ressembler le monde une fois le confinement levé ? Va-t-il être vraiment différent de celui que nous avons laissé mi-mars (début du confinement en France) ? La crise économique qui suivra la crise sanitaire sera unique en cela qu’elle touche tous les pans d’activités, et toutes les économies en même temps. Un scénario bien différent de la crise des subprimes et que personne n’avait vraiment vu venir. Saurons-nous surmonter les difficultés à court terme sans pour autant compromettre notre expansion future ? Je pense sincèrement que c’est possible. Mais comme pour prévenir la diffusion du virus, chaque citoyen a son rôle à jouer dans le rebond économique. En évitant ces 3 erreurs fréquentes en tant de crise, nous éviterons par la même de saboter notre futur. Voyons lesquels.

Cette chronique vient compléter la précédente consacrée à la Résilience. Explorons les mécanismes de la peur et leurs (lourdes) conséquences à l’échelle collective.

J’ai commencé comme analyste financier en 2009, et c’était le chaos. Les entreprises faisaient face à une baisse drastique de leur chiffre d’affaires, et à une pression énorme sur leur trésorerie. Cela entraînait des difficultés en chaîne : un client avait du mal à régler son fournisseur, qui lui-même ne pouvait pas payer le sien… tandis que pendant ce temps, les coûts de fonctionnement et d’emprunt étaient toujours exigibles.

Comment ne pas paniquer ?

Et pourtant je crois qu’à ce stade, il s’agit d’un devoir. La panique empêche une prise de décision réfléchie et rationnelle. Or c’est exactement ce qui est requis en temps de crise. Ne pas paniquer ne veut pas dire ne ressentir aucune émotion. Mais d’arriver à revenir régulièrement à des périodes de calmes, entre les émotions vives, qui permettra « de faire ce qu’il faut ».

Mais pour ce faire il faut comprendre comment la peur et l’anxiété fonctionnent dans notre cerveau.

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Comprendre la peur et l’anxiété

La peur et l’anxiété se distinguent selon le caractère concret et réel de événement qui provoquera l’une autre l’autre émotion. La peur se focalise sur quelque chose de précis et concret, dans un contexte de survie ; tandis que l’angoisse « surfe » justement sur le flou artistique et l’incertitude de ce qui va nous préoccuper. Une sorte de « peur intérieure » en quelque sorte.

« Se faire une montagne », c’est un peu le principal moteur de l’anxiété.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en coaching, on s’attache énormément à la précision de ce qui est dit et à l’aspect factuel des événements. « Rien que » cela contribue à fortement dénouer les angoisses et l’anxiété en règle générale. Cela permet de concentrer son attention sur ce qui convient vraiment de l’être et pas ce qui est imaginé.

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Pour revenir à la peur, lors d’un événement « anormal », l’hippocampe qui est le siège de la mémoire à long terme (création des souvenirs et détections des dangers) va comparer l’événement à la liste de ceux qu’il a déjà enregistré : y’a-t-il danger ? Les informations sensorielles sont reçues par l’amygdale – le centre de la peur – qui va les analyser et générer une réponse comportementale. Du cortisol, communément appelé hormone du stress, va être libéré ainsi que de l’adrénaline. Cette dernière va provoquer une accélération du rythme cardiaque ainsi que de la respiration, parfois la chair de poule aussi. En fonction de ce que l’hippocampe aura « conclu », on entrera en mode freeze, flight or fight (s’immobiliser/paralyser ; fuir ou combattre) !

Cet enchainement hyper rapide fait appel à la branche « sympathique » du système nerveux autonome. Elle prépare le corps à l’action, à la survie en cas de danger. Les hormones libérées à cette occasion ont tendance à inhiber le système parasympathique. Or ce dernier est celui qui permet le retour au calme, à la relaxation (et la digestion). Il favorise aussi une prise de décision rationnelle. (Qui n’a jamais bondi en voyant un gros truc noir en croyant que c’était une araignée ?!! Ha bon personne ?! Toujours est-il que dans ces moments le parasympathique est off service.)

Plus sérieusement, le « truc » c’est que la peur peut être conditionnée, à la Pavlov. Ainsi conditionnée, elle provoque exactement les mêmes réactions que pour une menace avérée.

Ces peurs conditionnées et l’anxiété ne sont pas si différentes : elles induisent des réactions disproportionnées et inhibent notre côté rationnel et réfléchi.

Je pense que vous voyez où je veux en venir. Nous voyons autour de nous un contexte hautement inquiétant : des malades, des morts, des personnes qui perdent leur emplois, entreprises qui mettent la clé sous la porte. Pour peu qu’on soit fan de séries comme The Walking Deads, le mode survivaliste n’est pas loin. Mais surtout, on va rejouer inconsciemment tous les drames qui ont été porté à notre connaissance. Les pandémies, les crises économiques, les problèmes de la famille, ou des collègues ou des voisins.

Ainsi la peur, l’anxiété vont nous paralyser et favoriser 3 comportements qui peuvent être très nuisibles. A court terme ET à long terme, à l’échelle individuelle ET collective… Les faites-vous ?

Les 3 erreurs de comportements qui vous nuisent (et aux autres)

#1 Entretenir un climat anxiogène

La vélocité de l’information et l’hyper-connexion sont à la fois des alliés et des menaces. Des alliés car elles permettent de prendre la mesure d’un événement et d’être informés immédiatement de ce qui est nécessaire et requis par le gouvernement par exemple. En l’absence de « filtrage » et d’auto-discipline sur l’utilisation de votre smartphone ou des écrans, vous êtes susceptibles de recevoir des mauvais nouvelles à peu près toutes les 3 minutes.

C’est particulièrement vrai en période de confinement et de distanciation sociale : nos proches, nos amis, sortir, tout ça nous manque. Aussi, nous passons bien plus de temps à échanger sur notre téléphone ou en visio. Et par glissement à surfer sur les réseaux sociaux ou les sites de news.

Alors heureusement, il y a aussi des messages positifs, de solidarité ; et aussi beaucoup d’humour qui circulent ! Et ça fait chaud au cœur. Mais il y a un mais… !

Or le cerveau est câblé de manière à bien plus enregistrer les informations négatives que positives. « Il agit comme du velcro sur les expériences négatives, et comme du Teflon sur les positives », R. Hanson (Neurologue et Professeur de méditation, auteur du Cerveau de Bouddha). Il s’agit d’un biais cognitif qui a permis d’assurer notre survie à travers l’histoire. Et oui, il est plus utile de repérer un prédateur tapi dans les fourrées que la beauté du soleil couchant.

Les quelques vidéos marrantes que vous visionnerez dans la journée ne suffiront pas à compenser le flot de nouvelles anxiogènes.

Comment faire ? Voici deux pistes pour se prémunir d’une atmosphère anxiogène :

- Limiter l’utilisation des réseaux sociaux et des écrans : si quelque chose d’important arrive ne vous inquiétez pas vous le saurez ! A vous de jauger quel seuil vous convient. Personnellement je limite, les infos de la télévision à 20 min maximum.

- Mettre en place une bulle d’expression spéciale Covid-19 : déterminer avec votre conjoint, vos enfants, ou les personnes avec qui vous échangez d’un quota de minutes qui seront utilisées à parler de ce sujet, partager ses inquiétudes, se rassurer, les nouvelles des proches à ce sujet, etc… Et à la fin. Stop ! Changement de sujet. Cela permet d’extérioriser ses émotions ; tout en limitant le risque de ressasser (sauf nouvelle très grave bien sûr), et de tomber dans l’anxiété.

#2 Ne plus prendre soin de soi / interrompre sa routine

Dans l’urgence, crise ou pas, un comportement fréquent consiste à interrompre toute routine qui visait à protéger et stimuler sa santé physique et mentale. Quand il en existait une 😉

Ce n’est pas toujours conscient ou intentionnel. Mais « remettre à plus tard » tout ce qui concerne son bien-être ou sa santé n’est pas forcément le meilleur calcul. Même si cela part d’une bonne intention pour gérer l’urgence.

Au-delà de cette période spéciale de confinement, visualisez ce type de périodes où le travail s’amoncèle. Où tout est dû pour hier, et vous naviguez entre les urgences ++ et les urgences +++. On commence à bosser, le soir, le weekend. Puis d’arrêter d’aller au sport. Et on mange mal car « pas le temps de cuisiner ». On est préoccupé, fatigués par cette hygiène de vie approximative. D’autant que la qualité de notre sommeil en prend souvent un coup.

Alors ajoutez à cela des semaines de confinement, à vivre en totale promiscuité avec une possibilité de mouvement plus que limitée, on peut imaginer les dégâts sur la santé.

Ce sont pendant les périodes de crise que nous avons plus que jamais besoin d’être alerte, d’avoir l’esprit aiguisé, pour concevoir rapidement des solutions efficaces et intelligentes.

« Qui veut aller loin ménage sa monture ». « La vie est un marathon pas un sprint »… Je peux vous en sortir plein comme ça. Et ces vieux adages, pleins de bon sens, sont justement à propos quand c’est la merde, pas quand tout va bien ! Car quand tout va bien, bien sûr qu’on a du temps pour cuisiner, faire du sport et bien dormir. Le challenge est justement d’assurer la continuité de ces routines constructives en période de stress ou de crise, pour en sortir le plus rapidement possible.

Alors comment faire ?
- Identifier de la quantité de sommeil minimum dont vous avez besoin pour être en forme la journée. Par exemple, en temps normal 7h30-8h c’est l’idéal me concernant. Mais je peux fonctionner sur plusieurs semaines en oscillant autour de 6h30-7h si je m’aménage un mini-sieste de 10-15 minutes en milieu de journée.

- Commencer la journée par 15 min d’activité physique et 5min de respiration ou méditation. Le reste de la journée vous n’aurez jamais le temps en temps de crise ou de période de grosse pression. Et le soir on est souvent lessivé ou simplement la flemme. C’est normal. Commencer par ces activités va accroître significativement votre énergie et productivité, notamment durant la matinée.


- Prévoir les menus de sa semaine et faire les courses en fonction. Alors je sais, ce n’est pas sexy. Cela fait même un peu control freak. Et je dois dire que j’ai moi-même beaucoup résisté avant de m’y mettre ! (Merci mes co-coachs !). Mais cela a changé ma vie à la maison : énorme allègement de la charge mentale. Fini les « qu’est-ce qu’on mange ? » pour finir par manger la même chose ou commander par dépit. Pas forcément besoin de prévoir des plats compliqués ! Le principe est seulement de se décharger de la « decision fatigue ». Après une journée à prendre des responsabilités et faire des choix complexes, le dîner peut paraître insurmontable ! Et le fait de noter ce qu’on va manger est une forme d’engagement envers soi-même (ou ses enfants ; et pas question de revenir en arrière le jour où on a promis des hamburgers !). Je dois dire que cette organisation nous a vraiment facilité la tâche pendant ce confinement avec 4 repas par jour !

#3 Penser à CT : arrêter d’investir et d’innover

Et last but not least, le plus complexe mais aussi le plus tactique. Le comportement qui fera la différence entre celui.celle qui tirera son épingle du jeu, rebondira après la crise, ou pas. Il s’agit de la pensée stratégique.

En état de peur ou d’anxiété, nous l’avons vu, notre cerveau ne peut pas fonctionner de manière pleinement rationnelle. Or, dans une période comme celle que nous vivons actuellement, hormis la peur de la contamination et des conséquences possibles, l’essentiel des peurs nourries sont plutôt intérieures, pas loin de l’angoisse ou anxiété.

Alors que leurs placards sont pleins, certaines personnes vont dévaliser les magasins ou les pharmacies par peur de pénurie, et donc la créer.

D’autres, dont l’emploi est préservé, vont pourtant complètement arrêter de consommer, de se former ou se faire accompagner, de peur de manquer d’argent. Et ainsi contribuer à la difficulté des entreprises qui verront leur chiffre d’affaires chuter. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes que je lis sur les réseaux sociaux et qui s’insurgent que telle ou telle personne/entreprise continue de commercialiser ses services ou produits « parce que c’est la crise » et « qu’il faut » être solidaire, voici ce que j’en pense :

  1. Si toutes les entreprises arrêtent de facturer, elles mettront la clé sous la porte en cascade (les fournisseurs des uns sont les clients des autres)
  2. Le Covid-19 est peut-être une crise sanitaire mondiale, il n’empêche qu’elle n’est pas la première crise au monde. Parce que cela se passe chez nous, cela serait plus grave ?
  3. Par souci de cohérence, il conviendrait d’arrêter de facturer à chaque fois qu’il y a une crise dans le monde. Et entre les crises humanitaires, économiques et climatiques, ce serait tout le temps.

Ou encore, des entreprises qui ont un matelas de trésorerie suffisant vont geler tous leurs investissements « par précaution » ; et ainsi saboter l’amélioration continue de leur valeur ajoutée et provoquer un nivellement vers le bas.

Evidemment, faire des arbitrages est essentiel en cas de perte de revenus ou de chiffres d’affaires. Mais arbitrer ne veut pas dire arrêter de penser stratégiquement, et penser uniquement à court terme !

C’est une évidence, et prôner l’inverse serait totalement inconscient. Mais je tiens toutefois à attirer l’attention sur la nuance qui existe entre :

  • Une posture passive : se paralyser et couper toutes ses dépenses ou investissement par peur et rester dans l’attentisme
  • Vs. adopter une posture active : observer l’existant, effectuer les arbitrages à court terme tout en ajustant sa stratégie à long terme. (Je vous renvoie d’ailleurs aux étapes de la résilience pour plus de détails).
Comment faire ? Je vous rappelle brièvement les étapes de la résilience en période de crise :

- Être pleinement à l’écoute de ce que l’on ressent, que l’on soit un particulier ou un chef d’entreprise

- Identifier les faits, rien que les faits :Quelles sont les difficultés que j’ai identifiées ? Sont-elles avérées ou projetées ? Qui cela touche ? Combien de temps ?

- Élaborer son SWOT personnel : De quoi je dispose (temps, argent, compétences) ? Qui de mon entourage est une personne ressource ? Quelles sont mes zones de fragilités, comment les compenser? … 

- Ecrire noir sur blanc son plan d’action ou ses intentions, le partager avec toutes les personnes impliquées

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Et pendant ce temps, entretenir un mindset positif, pour faire appel à l’aile rationnelle de notre système nerveux : à la fois réaliste, mais qui ne rumine pas les faits, à la place cherche la « faille », la construction possible à partir de la difficulté. Cela demande d’ailleurs d’être très connecté aux autres, ce qui n’est pas négligeable dans un contexte où le repli sur soi est fréquent ! Comprendre ce que je vis, et ce que vivent mes compatriotes est une excellente piste pour élaborer des solutions qui soient vraiment utiles… et créent de la valeur pour notre économie, et notre société ! En planifiant de futurs investissements ou en créant des produits qui répondent à un besoin réel par exemple.

Alors, quels comportements adoptez-vous en période de stress ? Arrivez-vous à prendre de la hauteur et à rester stratégique ? J’aimerais beaucoup échanger avec vous : rendez-vous en commentaires !


Vous pouvez aussi prendre Rendez-vous directement avec moi pour faire connaissance et discuter de vos projets, et des solutions que nous pourrions envisager pour les concrétiser !

8 commentaires sur “Crise : les 3 erreurs à éviter qui sabotent votre futur”

  1. cc, depuis le confinement, je me suis encore plus coupée des médias. Déjà que je ne regardais pas beaucoup la télé et allait très peu sur Facebook c’est pire. Je regarde le 6 minutes un jour sur 2, bref j’ai gardé mes habitudes. J’ai mis en stand by les sites qui ressassait encore et encore le confinement.Que ce soit les séries Netflix, films et autres. Par contre je pense comme toi que la peur sera notre plus grand ennemi. Les gens n’ont pas peur de sortir parce qu’il n’y a personne dehors, quand on va à nouveau être dans la masse, à la première toux, est-ce que ça sera comme avant ? Je ne sais pas, mais j’ai des doutes. Et prévoir notre futur on en a eu l’occasion, définir ses projets. Ça ne sera plus comme avant mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas être mieux si tout le monde en tire des leçons.

    1. Oui, déjà je te rejoins tout à fait sur le gros filtrage TV, réseaux sociaux etc… Je pense en effet que c’est très judicieux Yasmine ! Ensuite, il va clairement y avoir une période d’adaptation. Il serait naïf de croire que tout le monde va changer ses habitudes, que les politiques vont vraiment mettre la santé et l’environnement au coeur de la stratégie de reprise etc… Toutefois, je suis persuadée que beaucoup de personnes ont vraiment l’envie d’utiliser cette période pour qu’elle ait de l’impact dans leur vie, comme un catalyseur du changement. Et ce sont sur ces personnes que j’ai envie de me concentrer, car c’est ça qui donne de l’optimisme. Et sur les enfants aussi d’ailleurs. Je suis admirative de leur capacité d’adaptation et à intégrer très naturellement les nouvelles règles d’hygiène par exemple. A nous de suivre leur mouvement 🙂

      1. oui, il va certainement y avoir du positif du moins j’espère. De base, j’ai commencé à m’entourer de personnes positives. C’est le bon moment de se remettre en question.

  2. Merci pour cet article, comme d’habitude c’est hyper bien rédigé et tu donnes des excellentes clés de développement personnel ! Je partage 🙂

    1. Merci infiniment pour ton retour Ana, je pense (comme toi je crois 🙂 ) que chaque étape de vie peut être utilisée comme levier pour (se) grandir 🙂 A très vite !

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