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De la Finance au Coaching & Yoga, interview d’une reconversion à 180°

Chronique #9

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Cette Chronique est spéciale et sera sous un autre format car j’ai le plaisir d’avoir recueilli le témoignage de Sothiya Taing.

Ancienne camarade de promo, brillante et courageuse, elle a initié un changement de voie à 180°, de la Finance au Yoga. Nous avons parlé depuis la rentrée des questions à se poser sur sa carrière mais aussi de l’opportunité (ou non) que représente le fait de suivre une formation. Et bien Sothiya a fait tout ça !

Nous nous étions perdues de vue depuis la fin des études il y a 10 ans ; mais le hasard (ou pas d’ailleurs) a fait que nos chemins se sont recroisés alors que nous initions, quasiment en même temps, des modifications profondes à la fois dans nos carrières et dans nos modes de vie quotidien. Sothiya explore avec courage les croyances, intégrées depuis l’enfance, qui ont influencés ses choix d’adulte. Son expérience illustre aussi à quel point nos générations X, Y et Z sont soumises à un niveau de stress et d’incertitudes très élevés, très jeunes. Mais elle nous parlera aussi du processus qui l’a menée à activement chercher un plus grand alignement entre ses valeurs et sa vie quotidienne.

Je me suis dit qu’il serait très enrichissant d’en savoir plus sur son parcours et sa philosophie et partager son expérience si riche d’enseignements. C’est aussi cela l’ambition des Chroniques du Papillon !

C’est parti pour l’interview de Sothiya Taing !


Sothiya, nous nous sommes rencontrées à l’école de commerce, pendant notre Master en Finance il y a 10 ans (!). Pourquoi avoir choisi ces études, quel était ton état d’esprit à cette époque ?

J’ai un peu suivi cette voie parce que j’ai été poussé par mon entourage. Faire une école de commerce, devenir ingénieure ou médecin « fait bien » dans ma famille. L’apparence et l’ascension sociale ont leur importance. C’est bien compréhensible étant donné son histoire ; des parents arrivés en France sans parler un mot de la langue après la guerre et qui ont dû tout construire de A à Z. Avoir un bon travail est donc, pour eux, synonyme d’être heureux  dans la vie car pas de problème d’argent. J’ai fini par y croire aussi.

Et puis j’étais moi aussi persuadée que je voulais avoir une carrière à l’international. J’adore voyager et découvrir de nouvelles cultures. Mon rêve aurait été de travailler pour une organisation et aider les entreprises à s’implanter dans des zones géographiques pauvres. J’étais bourrée de naïveté et d’illusions en rêvant de changer un peu le monde pour le tirer vers quelque chose de meilleur.

Comment as-tu débuté ta carrière ? Avais-tu des inquiétudes ? Choisir un métier, trouver un emploi etc…

Ma première recherche d’emploi s’est faite dans le stress car ma banque me courait après pour rembourser mon prêt étudiant. J’ai dû trouver un emploi dans l’urgence et j’ai donc accepté une mission d’intérim chez la Société Générale.

En étant dans la hâte de rentrer dans le monde du travail, je n’ai donc pas eu le temps de réfléchir à ce que je voulais vraiment faire, j’ai oublié pourquoi j’avais choisi cette voie de prime abord. D’une certaine manière, j’ai choisi la voie de la facilité en acceptant le premier job qui s’est présenté à moi.

De plus, je n’avais vraiment pas de temps à consacrer à des envois de CV et des longs de process de recrutement pour les raisons que j’ai évoqué ci-dessus. Je me suis dit « j’accepte ce job, et je verrai plus tard », sauf que plus tard est arrivé très tard. Je me suis laissée prendre par le train-train de la vie. Un chemin qui semblait tout tracé mais qui était plutôt éloigné de mes aspirations profondes.

Raconte-nous ton parcours depuis, en quoi consistait ton job par exemple, à quoi ressemblait ton quotidien ?

Dans mon dernier job, j’étais account manager chez un éditeur de logiciel dans la finance. Je vendais des solutions de gestion de risques sur les marchés Europe et Afrique, dans le domaine de la réglementation bancaire et assurantielle. Mon job consistait à contacter des clients et les rencontrer pour leur faire les présentations de produits principalement.

Dans une journée, on pouvait trouver du téléphone, des réunions, des aéroports, des reportings et des emails entre autres. Les journées ne se ressemblaient pas. Ce n’était pas des journées de tout repos, et un peu stressantes aussi. Je souris quand je vois à quoi ressemble mon quotidien aujourd’hui.

À quel moment as-tu réalisé que la vie que tu menais ne te convenait pas ? La décision a-t-elle été prise d’un coup, ou l’issue d’un long processus de réflexion ?

Ça s’est un peu fait au fil de l’eau. Quand je rencontrais quelqu’un, il finissait toujours par dire d’un air surpris « sérieux ? Tu bosses dans la finance ? ». Je savais qu’il y avait une dissonance entre la personne que je suis et mon métier. Mais à l’époque, je ne voyais mon métier que comme mon gagne-pain pour faire d’autres choses qui m’allaient mieux à côté.

Le jour où mon père nous a quitté, j’étais coincée au Danemark pour le boulot. Un choc pour moi. J’ai commencé à me poser des questions depuis ce jour… Je me suis demandée si ça en valait la peine. Si ce travail dans lequel je n’étais pas si heureuse valait le sacrifice.  

“Cela paraissait à la fois simple et compliqué d’aller vers quelque chose qui m’allait mieux. Je pense que la peur a joué un rôle dans le fait que je sois restée aussi longtemps dans ce métier. Et puis le confort aussi. Mais j’avais envie de faire quelque chose qui compte. Quelque chose à mon niveau qui contribue au bien-être de cette planète et qui ait une signification pour moi.”

Comment as-tu organisé ta reconversion ? Quelles ont été les grandes étapes qui t’ont faites devenir professeure de yoga et coach ?

C’est le miracle de la synchronicité qui m’a amené à me reconvertir.

J’ai eu l’opportunité de quitter mon travail en avril 2018 (que le temps passe vite!) et j’ai décidé de prendre le temps de me poser pour savoir ce qui m’allait réellement. Je suis partie en voyage humanitaire et je me suis rendue compte que l’une des choses qui me manquaient le plus était ma pratique du yoga.

J’ai découvert le yoga il y a maintenant 2 ans.

Au détour de ma salle de sport, je me suis essayée à un cours après ma séance de cardio. La merveilleuse Faustine Cressot m’a faite tomber amoureuse du yoga. J’étais beaucoup en compétition avec moi-même à l’époque. Je suis grâce au yoga beaucoup plus alignée et sereine.

J’ai donc cherché une formation. Parmi les milliers de formations qui existent, en Inde, à Bali ou ailleurs, j’ai fini par choisir celle d’Earth To Fly Yoga Skool grâce à une amie qui l’avait suivie, et parce-que j’aime l’énergie que dégagent les deux profs leaders de cette formation. De plus, cette formation de 7 mois me semblait mieux en termes d’apprentissage que celles sur un seul mois. Je me suis embarquée pour l’aventure en Janvier 2019.

À la base, je ne voulais pas enseigner seulement approfondir ma pratique, en apprendre plus sur les choses qu’on n’aborde pas en cours de yoga : par exemple la philosophie du yoga. Mais les premières fois où j’ai enseigné pour ma formation, j’ai pu ressentir un tel bien-être et un tel alignement en moi-même… J’ai envie d’apporter aux autres ce que le yoga m’apporte aujourd’hui.

Pour le coaching, c’est aussi l’Univers qui me l’a mis sur ma voie.

Avec des amis, nous organisions chaque mois des soirées « Café Connaissance ». Des moments où chacun pouvait présenter un sujet qui lui tenait à cœur. Une amie nous a présenté un jour la Communication Non-Violente. Le concept m’a tout de suite interpellé. J’ai donc suivi une formation fin 2018. Après ma formation, j’ai voulu aider les gens à trouver un chemin qui leur convient mieux et à écouter leurs besoins.

Comment aider les gens à mieux communiquer avec les autres et avec eux-même aussi. J’ai rencontré une personne qui était dans la promo du Master de Coaching et Développement personnel en entreprise de l’université Paris 2. De fil en aiguille, en l’écoutant parler et en regardant le programme, je me suis dit c’est exactement ça qu’il me faut. Je me suis renseignée sur le métier de coach et les autres formations que l’on peut trouver et finalement j’ai postulé à Paris 2.

As-tu des regrets de ne pas avoir suivi cette voie plus tôt ? Ou à l’inverse que penses-tu avoir appris de ton cheminement personnel et de tes expériences personnelles ?

Aucun regret ! Je pense qu’être passée par mon parcours m’a permis de me construire et de savoir quels sont mes besoins profonds. J’ai pu du moins déterminer ce que je ne voulais pas (ou plus). Et puis, en vérité, être passée par cette case m’a permis de financer mes cours de yoga, mes formations de professeure de yoga et mon master. Sans compter toutes les belles expériences que j’ai pu vivre durant ces années. Alors non, je n’ai aucun regret ! C’est mon chemin et je ne serais sûrement pas à cette place s’il avait été différent.

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Quelles sont tes projets en ce moment ?

Deux axes principaux pour le moment :

D’une part, grandir et m’affirmer en tant que professeure de yoga et le lancement de ma carrière : c’est-à-dire me construire mon image de professeure de yoga à Paris, sur les réseaux sociaux et mon site internet: Sothy Yogini. Et je vais aussi suivre une formation en Yin Yoga fin 2019 pour apporter une nouvelle corde à mon arc en tant que professeure. Le bonheur d’être une éternelle étudiante !

Sinon, on travaille sur des ateliers autour de l’hypnose et du yoga avec un ami hypnothérapeute. Nous lançons notre 3ème atelier sur le sommeil fin octobre (toutes les informations ici). C’est plutôt chouette de voir comme ces deux pratiques sont finalement complémentaires.

Et d’un autre côté, les bancs de la fac avec mon Master qui a commencé fin septembre. Je suis plutôt excitée par cette rentrée. J’ai déjà commencé à coacher et je me fais moi-même coacher par une personne incroyable que j’ai rencontrée lors de ma formation en Communication Non-violente. Avec ce coaching, j’affirme mon identité de coach et vers quel type de coaching j’aimerais aller. Cela me force à me poser les bonnes questions aussi et regarder les zones d’ombre où je n’avais pas forcément envie de mettre le nez.

Et un troisième axe à la fois annexe et complémentaire avec mon blog. J’ai toujours rêvé d’écrire. Ecrire sur tout et n’importe quoi. Vous y trouverez beaucoup de choses sur le yoga mais aussi sur le quotidien et les pensées d’une yogini.

|| A lire : Syndrome de l’imposteur ou besoin réel ? Faire une formation pour les bonnes raisons ||

Quels sont tes objectifs ? Ou plutôt, comment t’imagines-tu dans quelques années ?

C’est compliqué à dire. Dans le passé, j’aimais prévoir les choses et je me suis rendue compte que je ne laissais pas forcément de place aux imprévus. Ceux qui peuvent vous amener sur des chemins dont vous ne pouviez pas soupçonner l’existence. Alors pourquoi ne pas me laisser un peu plus porter et me laisser surprendre ? C’est l’occasion pour moi de m’ouvrir pour regarder les opportunités qui se présentent.

Après, si je ferme les yeux et que je me projette, j’aimerais trouver un moyen d’allier le coaching et le yoga. Proposer un concept qui allie les deux. Le travail du corps pour aider à sentir sa véritable voie.

Peut-être proposer des formations aussi et créer des outils qui permettront un meilleur épanouissement et une meilleure communication.

Je suis par ailleurs persuadée que tout passe par l’éducation et qu’il y a des concepts importants que l’on n’enseigne pas (encore) à l’école. Peut-être donc aussi travailler avec des enfants et leur proposer des moyens de mieux s’écouter eux-même pour mieux communiquer.

Cela fait beaucoup de peut-être mais c’est juste que je ne me ferme aucune porte. Et j’ai vraiment hâte d’en découvrir de nouvelles !


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J’espère que cette interview vous aura autant passionnée que moi. L’un des choses que je retiens particulièrement chez Sothiya, au-delà du courage d’oser quitter ce qui ne lui convenait pas, c’est qu’elle n’a pas eu peur d’investir en elle-même. D’aller plus loin, de chercher et acquérir des connaissances sur ces sujets qui ont déclenché ce quelque chose de puissant en elle.

Je vous invite vraiment à découvrir les activités de Sothiya si vous êtes en région parisienne, ou tout simplement de suivre son blog ou sa page Instagram pour nous autres qui habitons ailleurs 🙂

J’espère que ce partage d’expérience vous aura inspiré(e) ! Que pensez-vous de ce parcours, cela vous évoque-t-il des similitudes ou même des projets ? Je serais très heureuse d’en savoir plus en commentaire ou sur Instagram  !! 

20 commentaires sur “De la Finance au Coaching & Yoga, interview d’une reconversion à 180°”

  1. Bonjour, très beau témoignage ! Tout le monde n’est pas capable d’avoir le courage de tout quitter pour se lancer dans une nouvelle expérience.

    1. Merci beaucoup pour ce retour chaleureux ! Je crois vraiment que c’est à la portée de tous, mais je vois ce que vous voulez dire, c’est à la condition d’avoir fait le cheminement nécessaire de connaissance de soi… Et préparer la transition bien sûr ! Ce genre de témoignage est une belle façon de partager tout ça et d’insuffler de la confiance à ceux et celles qui en auraient besoin 🙂

    1. Merci beaucoup, et bravo pour cette réflexion courageuse ! J’étais moi aussi à la recherche de parcours et d’exemples afin de me donner courage et confiance que c’est possible ! C’est pour cela que j’ai créé les Chroniques à mon tour, et tente de partager tout ce qui permet de booster cette confiance. Je pense que je réitèrerai ce type d’article interview :))

  2. Hello ! Merci beaucoup pour ce témoignage, c’est vraiment inspirant comme parcours 🙂 Je pense qu’on est beaucoup à avoir fait tout comme il faut en terme d’étude, de boulot pour rentrer dans le moule dans lequel notre famille et plus largement la société veut que nous aillions sans arriver à s’épanouir avec ce modèle. J’espère un jour pouvoir quitter moi aussi ce carcan pour faire ce qui me passionne vraiment, en attendant j’y consacre le plus de temps possible à côté mais ce n’est pas toujours facile d’être divisé entre les envies et les obligations. C’est inspirant de lire ce genre d’histoire et de se rappeler que c’est possible 🙂

    1. Milena merci beaucoup d’avoir pris le temps de ce commentaire qui parlera à de nombreuses personnes. Je me reconnais aussi dans ce portrait qui m’a définie pendant longtemps ! Certains projets sont bien sûr plus difficile que d’autres mais en réalité très peu de choses sont impossibles 🙂 le plus important quel que soient nos choix est d’arriver à trouver un petit peu de bonheur ou de joie chaque jour, c’est déjà énorme 🙂 (et si jamais cela peut t’aider j’ai préparer un cahier gratuit pour faire le point sur son projet de vie, moi aussi je suis passée par là ☺️☺️) belle semaine à toi

  3. La longue lutte pour être finalement : Soi. Au début l’enfant fait plaisir à ses parents, puis en grandissant il peut arriver qu’il perdre ses aspirations profondes, se déconnecter de son “Soi” véritable, pour finir par s’oublier soi même….Pour ne pas se perdre il faut suivre la voie de son coeur…😀

    1. C’est merveilleusement bien résumé et surtout… conclu ! Il s’agit in fine d’apprendre ou réapprendre à se connaître au final 🙂 Merci pour ce beau commentaire !

  4. Bonjour. Merci pour ce témoignage. Dans ma vie professionnelle, j’ai fait plusieurs reconversions après un diplôme de juriste et j’ai adoré changer de cadre, de métier et d’apprentissage. De l’industrie, je suis passée au métier de coach et à ma retraite, au “métier” de bloggeuse. Vive la diversité, le plus important est de se sentir à sa place et d’aimer ce que l”on fait. Belle réussite dans ton métier.

    1. Merci infiniment pour ton soutien et ce partage d’expérience très riche ! Accepter que notre vie peut être multiple est le plus beau cadeau que l’on peut se faire, à soi et aux autres ! 🙂

  5. C’est vrai qu’on a tendance à vouloir aller vite dans la vie active, et gagner de l’argent. Et au final, on ne fait pas toujours un métier qui nous correspond (surtout que les conseillers d’orientation ne nous ont pas forcément aidés au départ). Je tente moi aussi une reconversion professionnelle, ça fait toujours du bien de lire des témoignages de personnes pour qui ça a fonctionné, ça redonne confiance. Merci pour cet article 🙂

    1. Magali c’était exactement mon but en partageant le parcours de Sothiya, insuffler cette dose d’optimisme et de positivité pour se dire que oui c’est possible ! merci pour ton commentaire et je te souhaite une belle aventure de reconversion (qui dans tous les cas sera forcément enrichissante!) 🙂

  6. C’est fou parce que je connais plusieurs personnes qui un parcours similaire à celui de Sothiya : elles ont fait de grandes études de droit ou de commerce plus parce qu’elles étaient poussées par leurs parents que par réelle vocation, puis ont entamé une carrière en rapport avec leurs études… pour toutes se réorienter dix à quinze ans plus tard. Comme quoi, notre chemin n’est pas tout tracé dès le départ et heureusement d’ailleurs !

    En tout cas, je souhaite à Sothiya de s’épanouir et de réussir dans sa nouvelle vie. 🙂

    1. Hé oui Caro tu as parfaitement nous sommes nombreux dans ce cas (je m’inclus dedans !), les préconceptions de vie (conscientes ou non), les peurs (conscientes ou non) peuvent nous faire prendre un premier chemin qui un jour on réalise ne nous correspond plus. Comme tu le dis non seulement il n’est jamais trop tard, mais il est surtout indispensable à notre cheminement finalement : tous les chemins mènent à Rome 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire !

    1. C’était vraiment l’objectif de ce partage j’en suis heureuse ! Mais à un moment ce changement devient tellement vital que vu de l’intérieur on le perçoit vraiment différemment… 🙂

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